Art et Collectibles

Comment le secteur des arts et de la culture soutient-il ses activités ? Un bref aperçu des sources de financement

Rebecca Badellino

Art financing

Introduction

Les secteurs de l'art et de la culture ont pour ambition d'enrichir les cœurs et les esprits dans notre société. Cependant il est difficile de trouver des sources de financement adaptées. Comment faire face à ce problème ? Chaque État a développé un système de soutien aux arts et à la culture avec des modèles différents. Voici quelques exemples.

Soutien supranational

Parmi les différents objectifs de l'UE figurent la promotion et la protection du patrimoine culturel et des ICC (entreprises culturelles et créatives). La Commission européenne a introduit un certain nombre d'initiatives dont le programme Creative Europe 2014-2020. Ce dernier, doté d'un budget de 1,46 milliard d'euros, vise à soutenir les artistes, les organisations culturelles, le patrimoine, les beaux-arts, l'édition, le cinéma et bien plus encore. L'UE soutient également d'autres projets tels que les Capitales européennes de la culture, un concours annuel visant à mettre en valeur la richesse et la diversité culturelles de l'Europe et à renforcer le sentiment d'appartenance à un espace culturel Européen commun. La Commission vise à réduire l'écart “culturel” entre les régions par l'allocation de Fonds structurels pour la culture. UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) est aussi un acteur supranational important. En effet, dans sa stratégie à moyen terme pour 2014-2021, UNESCO réitère son objectif : la protection, la promotion et la transmission du patrimoine. Au fil des ans, l'organisation a pu soutenir le secteur culturel par le biais de conventions, de recommandations, de déclarations et de programmes intergouvernementaux. Concrètement, les fonds de l'UNESCO sont alloués à des pays en situation de crise, de danger et de conflit afin de protéger et de sauvegarder les biens culturels en danger.

Intervention de l'État (Italie et France)

Au niveau des États, dans la plupart des pays d'Europe occidentale, le secteur artistique survit grâce aux subventions publiques. Par exemple, en Italie, le Ministère du patrimoine et des activités culturelles et du tourisme (Mibact) répartit son budget annuel entre différents centres de responsabilité dédiés au tourisme, aux bibliothèques et aux institutions culturelles, aux musées, à l'archéologie, etc. Dans de nombreux cas, l'intervention de l'État est insuffisante et se réduit d'année en année. Afin de remédier à cela, les autorités locales, telles que les municipalités, interviennent désormais et apportent une contribution substantielle aux financements culturels. Par exemple, l'état Français a toujours soutenu les arts et le patrimoine en accordant une attention particulière à des aspects tels que la démocratisation de la culture et la création. Pour l'année 2018, le budget de la culture, inclus dans le PLF - Projet de loi de finance, s'élève à 10 milliards d'euros. Jusqu'aux années 1980, l'administration française se caractérisait par une structure très centralisée qui n'était pas toujours en mesure de répondre aux besoins locaux. Après plusieurs phases de décentralisation, l'Etat coopère désormais avec les régions, les départements, les communes et l'EPCI (Établissement public de coopération intercommunale). Ici aussi, les municipalités font preuve d'une solidarité particulière en finançant des initiatives locales, des musées, des écoles et des théâtres. L'intervention directe du gouvernement est complétée par d'autres moyens tels que l'octroi d'avantages aux ONGs par exemple : des déductions fiscales ainsi que des subventions.

Les pays anglo-saxons et la contribution des particuliers

Les pays anglo-saxons, en adoptant des régimes fiscaux favorables pour les dons aux ONGs, ont encouragé le soutien via du financement privé. Par exemple, la levée de fonds à des fins culturelles et de mécénat est une véritable tradition aux Etats-Unis - non seulement pour les fondations mais aussi pour les particuliers ou les entreprises. Dès 1993, le soutien privé représentait 23,5% des recettes totales des musées. Le Canada et le Royaume-Uni ont également introduit la même structure pour l'exonération fiscale et le recours à des programmes spécifiques de dons et de parrainage individuels. Plus précisément, un don est le un geste philanthropique et solidaire qui ne nécessite aucune compensation obligatoire de la part de l'organisme bénéficiaire. Il arrive qu’un don soit fait par le biais d’un programme d’adhésion. Le sponsorship ou parrainage d'évènements reste une initiative à but promotionnel mais participe grandement à la réalisation de nombreux projets ! Le crowdfunding est une pratique alternative pour soutenir le secteur artistique devenant de plus en plus populaire. Né comme un outil pour les entrepreneurs et les entreprises tech, le financement participatif est "un réseau de personnes qui décident de soutenir financièrement d'autres individus, organisations ou projets". La collecte de fonds se fait principalement sur des plateformes en ligne. La formule la plus utilisée est le micro-don : de nombreux utilisateurs, en donnant librement une somme d'argent, parviennent à soutenir un projet et à faire la différence.

Conclusions

L'implication du secteur privé a rendu le secteur culturel moins dépendant des subventions publiques et a accru la différenciation des sources de financement. De la même manière qu'aux États-Unis, certains pays Européens commencent à promouvoir des politiques de développement des ressources des institutions culturelles via le secteur privé afin de faire face aux réductions budgétaires dans le secteur public. En particulier, en France, au cours des dix dernières années on constate une augmentation du taux d'autofinancement de nombreuses institutions culturelles publiques puisant dans leurs ressources internes et dans le secteur privé. Cette approche vise à augmenter les revenus provenant de la vente de billets et de diverses activités commerciales telles que le marchandisage, les licences d'image, les publications, la restauration, la privatisation ainsi que les dons, les parrainages et les partenariats spéciaux. Par exemple, les institutions muséales peuvent envoyer une partie de leurs collections à d'autres institutions culturelles pour une exposition temporaire puis vendre des "Expositions clés en main" qui génèrent de nouveaux profits. Cette stratégie peut être à la fois rentable et complexe en raison de la fragilité des œuvres d'art, des problèmes de transport et des modalités de livraison. C'est là qu'intervient la solution de transport Convelio : grâce à nos devis instantanés et très compétitifs, nous pouvons expédier les œuvres depuis l'Europe et les États-Unis. Notre équipe est équipée pour accompagner toutes les collections d'art en tournée, en assurant toujours la haute qualité de service et l'expérience client attendue du monde de l'art.

11 mars 2020

Rebecca Badellino