Art et Collectibles

The Art Market Day- Les challenges du marché de l'Art en 2019

Après une première édition très réussie en 2018, The Art Market Day, évènement organisé par Le Quotidien de l’Art a accueilli le 18 Novembre dernier 300 participants au Grand Palais pour discuter des sujets qui animent le marché de l’art.

Bérénice Robaglia

7 min

Art Market Day

Ce fut l’occasion unique de rencontrer des acteurs clé du monde de l’art et de discuter du futur du marché. La digitalisation des canaux et des opérations, ajoutée à la globalisation du marché définissait le thèmes des 5 panels de discussion. De plus, la place de Paris en tant que première capitale culturelle au monde a été évoquée à maintes reprises. Frédéric Jousset (directeur du magazine Beaux art) a même comparé la ville lumière à la Silicon Valley de l’Art ; nomination allant parfaitement dans le sens de  la présentation et de la vision de Convelio. En effet, la solution Convelio permet aux marchands de considérer les opérations et la technologie comme des piliers stratégiques de compétitivité dans un contexte de mondialisation. En tant que partenaire de l'événement, notre équipe a eu l'occasion d'assister aux conférences et de discuter avec les intervenants. Voici un rapide résumé de ce que nous avons vu et entendu…

Le premier panel a traité de la "révolution du Big Data" et des divers outils qu'elle fournit au marché de l'art. Le changement des habitudes de consommation et, plus généralement, celui des comportements n’a pas exempté le marché de l’art. En particulier les millénials qui commencent leurs achats en ligne. Dans ce contexte, comment les galeries devraient-elles réagir? Si votre public est en ligne, peu importe ce que vous faites, vous devez également être en ligne. Ce changement s’étant produit plus tard dans la sphère de l’art que dans d’autres industries, a bel et bien fini par s’implémenter. Selon le fondateur de Catawiki, environ 50% des ventes d’art sont réalisées en ligne. La numérisation des échanges a entraîné une diversification des segments de consommateurs, une concurrence accrue, une plus grande accessibilité à l’achat d’art et surtout, à l’encouragement d’un marché mondial. À mesure que les acteurs du marché de l'art développent leur présence en ligne, des quantités massives de données sont générées, entraînant à la fois une complexification des échanges mais aussi de nombreuses opportunités de ventes. En effet, les activités réalisées en ligne permettent aux acteurs du marché de catégoriser plus précisément leur audience, de suivre les changements de prix avec d’avantage de précision et de promouvoir les investissements dans l'art, comme des actifs financiers. Par exemple, Sophie Neuendorf, vice-présidente stratégique d’Artnet, a annoncé la sortie de leur nouvelle solution qui traitera une quantité considérable de données afin de générer une vision stratégique financière des artistes et de leurs oeuvres. En d’autres termes, Artnet souhaite utiliser la puissance du Big Data, pour aider les investisseurs à détecter et investir dans des artistes prometteurs. La recherche en ligne facilite également la découverte de pièces spécifiques; les acheteurs peuvent définir des alertes sur les moteurs de recherche afin de trouver ce qu'ils collectionnent, un comportement qui aide les professionnels de la BI à identifier les tendances.

La numérisation dans la création artistique soulève également la question de l’authenticité. En effet, de plus en plus d’œuvres d’art réalisées avec l’aide de l’intelligence artificielle et des logiciels sont facilement reproductibles et par extension, difficiles à authentifier. Pour cette raison, les artistes et certaines institutions utilisent la blockchain pour signer et retracer l'histoire d’une pièce.

Dans un autre panel d’échange, le célèbre marchand d'art italien, Michele Casamonti (Galerie Tornabuoni) et Touria El Glaoui, fondatrice de la foire d’art contemporain africain 1-54, ont été invités à débattre de la relocalisation des grandes places du marché de l'art dans le contexte du Brexit. Les deux ont déclaré que la politique fiscale serait essentielle pour déterminer le lieu où se dérouleront la création et les ventes d’art. Michele Casamonti, fondateur de plusieurs galeries dans le monde - i.e Paris, Londres, Zurich et Milan - a expliqué qu'il avait dû annuler plusieurs expositions en raison de l'incertitude de la situation. En effet, dans son cas, un changement fiscal intervenant lors d'une exposition pourrait générer des millions de dollars perdus. En outre, il a souligné l’importance du court terme par rapport au long terme sur les transactions. En effet, les changements se produisent si rapidement qu’il est absolument impossible de prédire la place de Londres par rapport aux autres hubs (à savoir New York, Hong Kong…) au delà de 3 à 5 ans.

Les discussions suivantes ont abordé la question de la délocalisation du marché, de sa viabilité et de sa durabilité avec Cécile Verdier, présidente de Christie's, Nanne Dekking, (PDG et fondatrice d’Artory) et Rob Weisberg,( PDG d’Invaluable). Cécile Verdier a expliqué que, malgré la mondialisation, chaque marché est soumis à des règles différentes en raison de cultures différentes, et donc de manières différentes d'acheter et de faire des affaires. Selon elle, il est important d’être géographiquement présent dans chaque grande région afin de cibler un marché mondial. En ce qui concerne la viabilité du marché, personne ne semble inquiet, pas plus que pour la durabilité des activités. En effet, les participants ont affirmé de manière très détendue que rien ne consommait plus de ressources que l’organisation de salons ou d’exposition aux quatre coins du monde. Chez Convelio, nous cherchons à réduire l'empreinte carbone de nos expéditions et, bientôt, nos clients seront en mesure de choisir des options supplémentaires pour compenser leurs émissions carbone.

Le sujet suivant passa en revue la 5ème directive européenne contre le blanchiment d'argent (mise en œuvre en 2020) et ses défis pour le marché. Les acteurs interrogés ont discuté du contrôle de l'identité des acheteurs et de l'importance de signaler les détails suspects lors d'une transaction. Par exemple, si l'acheteur paie plus pour une œuvre d'art et demande ensuite au marchand le remboursement de l'excédent, il s'agit probablement d'une stratégie de blanchiment d'argent. De plus, l'emplacement des comptes bancaires peut en dire long: une île offshore, par exemple, doit être signalée.

Finalement, Georgina Adams a animé le panel sur la manière dont les galeries peuvent obtenir du financement pour se développer et faire face à la mondialisation. Stéphane Mathelin Moreau (conseiller principal, Neuflize OBC) et Sébastien Saunier (responsable du crédit aux entreprises à l'IFCIC) expliquaient ce qu'ils considéraient avant de prêter de l'argent. Ils ont expliqué que le professionnalisme et la capacité de trouver et soutenir de bons artistes pour une galerie étaient beaucoup plus importants qu'un business plan ! D’autre part, les deux marchands interrogés, Eric Dereumaux et Christophe Gaillard (co-directeur de la Galerie de la RX) ont témoigné de la manière dont ils ont réussi à se développer dans ce contexte. Eric Dereumaux a témoigné de l'importance d'investir dans d'autres secteurs (tels que l'immobilier) et d'avoir des associés capables de supporter les coûts d'une galerie. Christophe Gaillard quant à lui a expliqué que l’accompagnement d’une banque privée pouvait jouer un rôle clé dans une stratégie d’expansion. 

Entre-temps, nous avons eu l’occasion de rencontrer plusieurs startups qui exploitent la technologie pour innover et aident les acteurs du marché de l’art à conserver leur compétitivité et à gérer les risques. Art Recognition, par exemple, une jeune entité belge, a développé une intelligence artificielle capable d'identifier les reproductions. Monart, une autre jeune entreprise, propose une interface basée sur la block-chain pour créer des collection d'art collective. Convelio était la seule à aborder la numérisation au sein des opérations et les perturbations logistiques, une proposition de valeur très concrète qui intéressait grandement les marchands d'art !

En conclusion, Georgina Adams a souligné l'importance de considérer la technologie comme un élément absolument essentiel au maintien d'une entreprise dans le monde de l'art. Elle a également souligné l'importance de la confiance et de la transparence dans les données afin de rendre le marché durable. Un point que Convelio a choisi comme élément central de sa mission. En effet, nous rendons le processus d'expédition transparent et donnons à nos clients l'accès à des outils numériques les aidant à définir leur expédition sur mesure et à suivre leurs marchandises lorsqu’elles transitent. Notre objectif est dans un contexte de mondialisation de construire le pilier logistique du marché de l’Art afin de permettre l'échange d'art partout dans le Monde !

26 novembre 2019

Bérénice Robaglia